Passer de deux siestes à une est la plus longue et la moins nette des transitions de sieste. Elle prend des semaines et non des jours, elle recule au milieu, et on la commence très souvent deux ou trois mois trop tôt, à cause d'une quinzaine de refus qui serait passée toute seule.
Quand cela se produit vraiment
Une sieste unique d'après-midi s'installe entre quinze et vingt-quatre mois dans les données de cohorte.[1] La plupart des enfants font le passage entre treize et dix-huit mois. Avant douze mois c'est rare, et un enfant de douze mois qui refuse la sieste du matin pendant une semaine est bien plus probablement en train de faire autre chose.
15–24 mois
La fausse alerte des douze mois
Vers onze à treize mois survient une phase bien connue où la sieste du matin est disputée ou refusée, souvent en même temps qu'une intense pratique de la marche et une série de réveils précoces. Les familles y voient la transition, passent à une sieste, et se retrouvent avec un enfant épuisé qui se lève à cinq heures. L'indice : une vraie transition arrive lentement et s'installe ; une fausse alerte se termine en une ou deux semaines et la sieste du matin revient d'elle-même.
Les signes que c'est bien réel
- La sieste du matin est refusée, ou prise puis suivie d'un refus de celle de l'après-midi — pendant deux ou trois semaines, pas une.
- Faire les deux siestes repousse le coucher après 20 h, et votre enfant n'a toujours pas sommeil.
- La sieste du matin a glissé d'elle-même vers la fin de matinée.
- La nuit se fragmente ou des réveils précoces apparaissent sans autre explication.
Comment faire le passage
Déplacez la sieste du matin, ne la supprimez pas. Comptez quatre à six semaines.
- 1
Décalez la sieste du matin par petits pas
15 minutes tous les deux ou trois jours. L'objectif est de poser la sieste unique vers 11 h 30 – 12 h 30, après un déjeuner avancé.
- 2
Avancez le déjeuner
Un enfant ne tient pas jusqu'à une sieste de 12 h 30 avec un déjeuner à 12 h 30. Mangez à 11 h 15 – 11 h 30 pendant la bascule, puis redécalez une fois la sieste installée.
- 3
Acceptez des journées à deux siestes
Alterner journées à une et à deux siestes pendant quelques semaines, c'est la transition — pas son échec. Suivez la journée que vous avez réellement.
- 4
Protégez un coucher avancé
17 h 45 – 18 h 30 est normal les jours à une sieste pendant la bascule. Le coucher se recale plus tard quand la sieste unique s'allonge.
- 5
Visez une sieste d'environ deux heures
Une fois installée, une sieste unique d'environ deux heures est le schéma des années qui suivent. Une sieste unique de 45 minutes signifie que la journée n'y est pas encore.
Avant et après
| À deux siestes | En transition | À une sieste | |
|---|---|---|---|
| Réveil | 06:45 | 06:45 | 06:45 |
| Sieste 1 | 09:30–10:15 | 10:30–11:15 | — |
| Déjeuner | 12:00 | 11:15 | 11:30 |
| Sieste 2 | 13:30–14:45 | — (ou courte) | 12:00–14:00 |
| Coucher | 19:30 | 18:15–18:45 | 19:15 |
La sieste unique fait le travail de deux : les temps d'éveil qui l'entourent s'allongent — environ cinq heures avant, cinq ou plus après. C'est le moment où le temps d'éveil croissant cesse d'être une jolie idée pour devenir ce qui tient la journée debout, et le calculateur de temps d'éveil va plus vite que le calcul sur papier chaque matin.
Combien de temps cela prend
Quatre à six semaines en général, et il est normal que les semaines deux et trois paraissent pires que la première. Si vous alternez encore au bout de deux mois, ou si votre enfant est manifestement épuisé chaque après-midi, le geste honnête est de revenir à deux siestes quelques semaines et de réessayer : on n'y perd rien.
Ce qu'il faut mesurer pendant la pagaille
Le sommeil total, pas le nombre de siestes. Le consensus de l'AASM recommande 11 à 14 heures par 24 heures entre un et deux ans, siestes comprises.[3] Le sommeil total baisse de toute façon régulièrement sur cette période — les courbes de référence montrent la décroissance se poursuivre tout au long de la deuxième année[2] — donc une transition qui place votre enfant dans cette fourchette avec un coucher stabilisé a réussi, même si l'emploi du temps ne ressemble à celui de personne.[6]
Comme pour tout ce qui touche à la sieste, la base de données est descriptive : une revue systématique de la sieste de 0 à 5 ans n'a trouvé que des études observationnelles, toutes de faible qualité.[4] Les âges et durées cités ici sont ce que de grands groupes d'enfants ont fait, pas ce qu'un essai a démontré comme meilleur — l'enfant devant vous reste la meilleure source.




